Tribune des Francophones, No. 2 face 1A-2B
ƒditorial : 2e numŽro de la tribune des FrancophonesË lÕoccasion du bicentenaire des Etats-Unis, rendons gr‰ce au courage des AmŽricains et de leurs alliŽs qui ont vaincu, il y a 200 ans, douze millions de colonisateurs. Rendons hommage aux pionniers qui ont quittŽ leurs terres natales pour aller construire un nouveau monde et qui ont rŽussi ˆ rassembler de nombreux peuples en une communautŽ. Les Etats-Unis sont un exemple de solidaritŽ et de fraternitŽ. LÕAmŽrique a rŽussi ˆ b‰tir une fŽdŽration de peuples europŽens dans le Nouveau monde. Puisse lÕEurope suivre cet exemple et fonder une fŽdŽration europŽenne, les Etats-Unis dÕEurope. La France et lÕindŽpendance amŽricaine, livre du bicentenaire de lÕindŽpendance, ouvrage Žcrit par le Duc de Castries de lÕAcadŽmie franaise. Synonymes de puissance matŽrielle, de bond vers lÕavenir et de civilisation spontanŽe, les Etats-Unis sont devenus un vaste et puissant Žtat en moins de deux sicles. Et lÕamitiŽ entre la France et les Etats-Unis sÕest maintenue intacte depuis deux sicles.La dŽcolonisation jadis et aujourdÕhui : ˆ quel moment un territoire se considre t-il capable de fonder une nation ?La seconde moitie du XXe sicle a vu presque toutes les colonies se constituer en Žtats souverains. Mais il faut tre conscient de la diffŽrence absolue entre les dŽcolonisations contemporaines et la dŽcolonisation qui a fait des deux AmŽriques des Žtats indŽpendants. Au XXe sicle, les populations indignes ont chassŽ les coloniaux pour rŽcupŽrer les territoires qui leur avaient ŽtŽ confisquŽs lors des conqutes des colonisateurs. En AmŽrique, les populations indignes dŽcimŽes ou refoulŽes dans des rŽserves nÕont pas profitŽ de la dŽcolonisation. Ce sont les colons eux-mmes qui se sont sŽparŽs de leur mre patrie, et ont constituŽ des nouveaux Žtats sous leur contr™le. Cette situation posa le problme de la reconnaissance diplomatique dÕun Žtat qui sÕŽtait constituŽ spontanŽment par un acte de rŽvolte envers le pouvoir dont il dŽpendait lŽgitimement. Mais le traitŽ dÕalliance signŽ entre la France et les Etats-Unis en 1778, constituŽ dÕun accord commercial et dÕune assistance militaire entre la France et les Etats-Unis, a fait jurisprudence.Dans les dŽbuts, le peuple amŽricain nÕavait pas rŽelle conscience de lÕaide matŽrielle apportŽe la France, aide financire et assistance dans lÕarmement. Le Congrs sollicita lÕaide franaise, car la France Žtait lÕun des pays les plus important dÕEurope et Žtait hostile ˆ lÕAngleterre.En 1787 la Constitution des Etats-Unis dÕAmŽrique fut signŽe. Mais un dŽsaccord perdura concernant le choix de la capitale : Boston, Philadelphie ? Au lieu de choisir une de ces villes, George Washington dŽcida que la capitale des Etats-Unis serait sa crŽation personnelle. Il choisit un marŽcage au bord du Potomac, un compromis entre le Nord et le Sud. Il dŽsigna Charles LÕEnfant comme architecte de la future capitale. LÕEnfant, qui arriva en AmŽrique ˆ peu prs en mme temps que Lafayette, Žtait influencŽ par lÕarchitecture franaise. Il dessina les plans de la ville et fixa les cožts des travaux du Capitole ˆ 95 000 dollars, mais le Congrs jugea son projet insensŽ et lui refusa les crŽdits pour construire le Capitole. Aprs 10 ans de lutte, il fut Žconduit et mourut dans la misre. Les plans de LÕEnfant furent plus tard utilisŽs pour construire la capitale des Etats-Unis. Diverses festivitŽs sont prŽvues aux Etats-Unis et en France pour cŽlŽbrer le bicentenaire et lÕamitiŽ entre ces deux pays. Le PrŽsident franais ValŽry Giscard dÕEstaing est invitŽ aux Etats-unis. Il se rendra tout dÕabord a Washington, puis sÕarrtera ˆ Houston et enfin a Lafayette.LÕAcadŽmie franaise Le r™le de lÕAcadŽmie franaise depuis 1635 consiste ˆ examiner les ouvrages et fixer les rgles du langage. Le but est de conserver et perfectionner la langue franaise pour quÕelle puisse succŽder au grec et au latin. Ainsi les acadŽmiciens condamnent certains abus, approuvent certains termes nouveaux, et prŽcisent le sens des mots qui prtent a ambigu•tŽ.Conrart fut le premier secrŽtaire de lÕAcadŽmie franaise. En 1647 Corneille est Žlu acadŽmicien. LÕun des principes de lÕAcadŽmie franaise est lÕŽgalitŽ. Ainsi aucune distinction nÕest faite, et il nÕy a pas de dŽsavantage entre les acadŽmiciens. La premire Ždition du dictionnaire avec lÕordre alphabŽtique est prŽsentŽe au roi en 1692. Et la deuxime Ždition para”t en 1718. Le dictionnaire fixe lÕorthographe et le sens des mots par des dŽfinitions accompagnŽes dÕexemples. Ë chaque Ždition, le nombre de mots augmenta et le changement dÕorthographe alla dans le sens de la simplification, par exemple beaucoup de mots furent dŽbarrassŽs de lettres inutiles. Durant la Terreur, lÕAcadŽmie franaise ainsi que dÕautres AcadŽmies furent supprimŽes par un dŽcret de 1793. Certains membres de lÕAcadŽmie furent guillotinŽs comme Baillay, Malesherbes ou Nicola•. Condorcet sÕempoisonna et dÕautres acadŽmiciens immigrrent ou se cachrent pendant la Terreur. Le directeur rŽussit tout de mme ˆ sauver et ˆ cacher les archives, y compris les feuilles du dictionnaire dont la rŽvision Žtait terminŽe. En 1795, lÕAcadŽmie franaise fut ˆ nouveau autorisŽe et en 1798 la 5e Ždition du dictionnaire fut publiŽe. En 1816, Louis XVIII dŽcida que lÕInstitut de France serait composŽ de 4 acadŽmies : lÕAcadŽmie franaise, lÕAcadŽmie des inscriptions et belles lettres, lÕAcadŽmie des sciences et lÕAcadŽmie des beaux arts. LÕorganisation actuelle est celle de 1816 avec en plus lÕAcadŽmie des sciences morales et politiques qui fut crŽŽe en 1832. La 6e Ždition du dictionnaire fut publiŽe en 1835 et la 7e Ždition en 1878. De nos jours, lÕAcadŽmie franaise sige chaque semaine le jeudi aprs-midi. Et chaque annŽe au mois de dŽcembre se tient une sŽance publique. CÕest ˆ ce moment quÕa lieu la rŽception solennelle des nouveaux Žlus.
